À quoi l'enseignement postsecondaire ressemblera-t-il au moment où mes enfants entreront au collége ou à l'université?
Attendez-vous à une population étudiante plus diversifiée, à l'augmentation continue du nombre d'inscriptions, à une plus grande mobilité des étudiants entre les établissements et à la technologisation des programmes d'enseignement.
Selon les résultats des études réalisées par le COQES, l'augmentation continue du nombre d'immigrants et d'apprenants adultes de même que les efforts déployés pour accroître la participation des groupes actuellement sous-représentés se répercuteront sur l'EPS au cours des dix prochaines années. Anticipant cette croissance, le gouvernement de l'Ontario a annoncé qu'il prévoyait de créer 60 000 nouvelles places pour les étudiants dans les collèges et universités d'ici 2015-2016.
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L'Ontario est la première destination des immigrants canadiens, dont les enfants sont plus susceptibles d'aller au collège ou à l'université que les enfants de parents nés au Canada. D'après l'étude Parcours des jeunes immigrants après l’école secondaire, les immigrants ont tendance à entretenir de grandes attentes de succès, ce qui motive leurs enfants à réussir. Cette influence est davantage manifeste chez les immigrants originaires d'Asie de l'Est et moins marquée chez les immigrants des Caraïbes et de l'Amérique latine.
Le nombre d'inscriptions pourrait être encore plus élevé dans l'avenir si l'écart dans les taux de participation à l'EPS continue de se rétrécir entre les hommes et les femmes. Selon « Où sont les garçons? » Aperçu des tendances parmi les deux sexes dans le secteur de l’éducation et sur le marché du travail en Ontario, les pourcentages d'élèves qui poursuivent leurs études au niveau collégial ou universitaire ont augmenté pour les hommes et les femmes, mais le taux de croissance a été plus élevé chez les femmes, qui représentaient environ 55 % des demandes d'admission aux collèges et universités de l'Ontario en 2007. Le rapport souligne toutefois que le ralentissement de la croissance de l'écart entre les sexes pourrait signaler une stabilisation de cette tendance vieille de 20 ans. |
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Les apprenants adultes entraînent eux aussi une modification des taux d'inscription dans des établissements d'EPS, en plus de transformer la prestation des programmes et services. Les études montrent que la plus forte proportion d'Ontariennes et Ontariens ayant des besoins ou désirs d'éducation et de formation non satisfaits se situe dans la tranche des 25 à 54 ans. Les progrès technologiques et l'évolution rapide des compétences requises obligeront les adultes, même ceux qui sont très instruits et qui occupent un emploi, à acquérir de nouvelles compétences et à actualiser celles qu'ils possèdent déjà.
Ces mêmes avancées technologiques transforment déjà les modalités et lieux d'apprentissage. Les participants à un forum du COQES sur les stratégies d'enseignement pour les classes nombreuses ont conclu que les enseignants novateurs et les nouvelles technologies pourraient faire disparaître l'approche traditionnelle du cours magistral pour ce genre de classes. Des exposés interactifs téléchargeables aux communautés de cours en ligne, les nouvelles technologies favorisent la personnalisation de l'apprentissage et stimulent la créativité dans les classes de toutes tailles, sur place ou à distance.
Réponses aux besoins variés des étudiants
Si les tendances actuelles se maintiennent, le système d'EPS ontarien de demain reflétera la diversité croissante des cheminements éducatifs et offrira plus de flexibilité et de mobilité entre les établissements d'enseignement. D'après l'étude du COQES intitulée Se forger des voies de passage : les étudiantes et étudiants qui effectuent un transfert entre un collège et une université de l'Ontario, le nombre d’étudiants qui poursuivent leurs études en allant du collège à l’université s’est accru au cours de la dernière décennie.
Près de 8 % des diplômés d'université ont suivi un programme menant à un grade en 2008‑2009, contre 5,3 % en 2001-2002. Le pourcentage d'étudiants de niveau collégial qui sont diplômés d'université a également augmenté : 10 % en 2009-2010, comparativement à 8 % une décennie plus tôt. Les étudiants se prononcent en agissant et le système de transfert de crédits du gouvernement provincial a répondu en affectant près de 74 millions de dollars sur cinq ans afin d’aider les étudiants à terminer plus rapidement leurs études, de créer de nouveaux transferts de crédits, de fournir un soutien accru aux étudiants et une information de meilleure qualité sur les possibilités.
La tendance mondiale de l'EPS est d'encourager la participation des étudiants, de leur offrir un choix de programmes, de leur permettre de changer d'orientation et de soutenir ceux qui veulent mettre à jour ou améliorer leurs connaissances et compétences. Selon l'étude Favoriser la participation : Tendances en matière d’itinéraires d’études postsecondaires, l'enseignement supérieur, aiguillé par l'évolution constante des compétences sur le marché du travail, se dirige vers un système qui propose différents itinéraires à travers toutes les options postsecondaires en partenariat avec les étudiants, les parents, les partenaires communautaires, les entreprises et l'industrie.
Un système centré sur les étudiants
Le secteur postsecondaire de l'Ontario voit déjà une plus grande participation aux programmes d'enseignement axés sur le travail allant de l'éducation coopérative à l'apprentissage. D'après une récente enquête Ipsos Reid, près du quart des Ontariennes et Ontariens ayant fait des études postsecondaires ont participé à des programmes d'éducation coopérative, ce qui représente une proportion plus élevée que dans n'importe quelle autre province canadienne. Et avec la création de l'Ordre des métiers de l'Ontario en 2009, l'Ontario a élargi son champ d'action au système d'apprentissage et de formation dans les métiers spécialisés, où plus de 120 000 apprentis font actuellement l'apprentissage d'un métier. Les études du COQES montrent que les établissements d'enseignement postsecondaire et les employeurs qui participent à des programmes d'enseignement intégré au travail considèrent comme un volet important de l'expérience étudiante le fait de préparer les étudiants à entrer sur le marché du travail en leur inculquant des compétences pertinentes, transférables et commercialisables.
Les tendances actuelles donnent à penser que les établissements d'enseignement postsecondaire de demain s'attacheront davantage à améliorer les compétences dont les étudiants auront besoin dans leur vie personnelle et professionnelle. Selon le rapport de recherche Un équilibre harmonieux : Soutenir le développement des compétences pour une économie du savoir, les établissements mettront davantage l'accent sur les capacités d'innovation et de création telles que la littératie en technologies de l'information et des communications, les mathématiques, l'esprit d'entreprise et les compétences sociales, renforcées par des perspectives mondiales, des compétences linguistiques et une sensibilité culturelle.
Un catalyseur pour les discussions
Les recherches du COQES servent aussi de catalyseur pour les discussions et débats sur l'avenir de l'enseignement postsecondaire. Selon les auteurs du livre Academic Transformation: The Forces Reshaping Higher Education in Ontario, parrainé par le COQES, les universités de la province sont passées d'un modèle principalement axé sur l'enseignement à un modèle axé sur la recherche, qui est « le plus coûteux, volatile et risqué ». Les universités ont donc du mal à concilier les coûts élevés d'acquisition des connaissances fondées sur la recherche avec le nombre croissant d'inscriptions d'étudiants dont les antécédents, les besoins et les styles d'apprentissage varient. Les auteurs affirment que le système d'EPS et ses étudiants pourraient bénéficier d'une plus grande variété d'établissements conférant des grades, comme ceux qui se concentrent principalement sur l'enseignement de premier cycle, qui offrent des grades préprofessionnels après trois ans d'études, qui donnent aux collèges un plus grand rôle dans l'attribution des grades et qui mettent davantage l'accent sur l'apprentissage des métiers et les apprenants sous-préparés.
Si l'avenir de l'enseignement supérieur réside dans un système davantage axé sur les étudiants, qui permet à ces derniers de distinguer les établissements qui répondent le mieux à leurs aspirations personnelles et professionnelles, il faudra apporter des ajustements au système. Un autre catalyseur de discussions est le rapport du COQES intitulé Les avantages d’une plus grande différenciation du secteur universitaire ontarien, qui invite les universités à s'engager à respecter leur mission et leurs priorités, à se fixer des objectifs mesurables qui tiennent compte de leurs points forts et à s'attendre à un financement provincial déterminé en fonction des objectifs réalisés. Le rapport soutient que cette approche différenciée produirait un système d'enseignement postsecondaire « plus cohésif, plus fluide, plus viable et de meilleure qualité ».
Éclairer l'avenir
Les recherches du COQES continueront d'éclairer la réflexion et la prise de décisions sur les enjeux clés touchant l'accès, la qualité et la responsabilisation dans le secteur postsecondaire de l'Ontario, en accordant une attention particulière aux groupes actuellement sous-représentés dans le système. Parmi les projets envisagés pour l'année à venir, nous continuerons d'explorer les obstacles socioculturels à l'EPS en mettant l'accent sur les groupes sous-représentés, ainsi que les parcours scolaires des apprenants adultes et l'état de l'accès pour les élèves les plus performants de l'Ontario. Nos recherches axées sur la qualité examineront l'efficacité de l'enseignement, la mesure des résultats d'apprentissage et l'adaptation des titulaires d'un doctorat aux marchés du travail. En ce qui concerne la responsabilisation, le COQES approfondira la discussion sur les modèles de financement différenciés et la viabilité financière des établissements et du secteur postsecondaire, à la lumière des pratiques exemplaires adoptées à travers le monde. Enfin, en partenariat avec les établissements postsecondaires et les groupes communautaires de l'Ontario, le COQES élargira son champ d'intervention afin de combler les lacunes de l'accès à l'EPS.
Les études citées dans ce rapport à la collectivité ne représentent que quelques-uns des 30 rapports de recherche publiés par le COQES en 2010-2011, en plus des 40 autres études en cours dont les résultats devraient être diffusés dans l'année à venir. Depuis 2007, lorsque le COQES est devenu opérationnel, nous avons effectué ou commandité 126 études de recherche sur l'accès, la qualité et la reddition de comptes dans le secteur de l'enseignement postsecondaire. Laissez le COQES vous tenir au courant des dernières recherches factuelles sur les tendances en matière d'accès, de qualité et de reddition de comptes qui conditionnent ce secteur.
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