Encadrer les agent·es de recrutement d’étudiant·es étrangers : Enseignements pour l’Ontario

Encadrer les agent·es de recrutement d’étudiant·es étrangers : Enseignements pour l’Ontario a été rédigé par Alastair Woods et Jessica Antony, du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur, inspirés d’un projet mené par Higher Education Strategy Associates

Une étude menée par Higher Education Strategy Associates examine les modèles de réglementation des agents de recrutement d’étudiants étrangers dans quatre pays, afin de proposer des pistes pour élaborer une réglementation au Canada et protéger à la fois les étudiants et la réputation du pays en tant que destination internationale pour une éducation de qualité.

Les étudiants étrangers demeurent un groupe démographique important dans le paysage de l’enseignement supérieur en Ontario, et les agents spécialisés dans l’éducation internationale jouent un rôle essentiel pour attirer dans la province les étudiants les plus brillants venus du monde entier. Cependant, la possibilité que ces agents adoptent des comportements contraires à l’éthique soulève des inquiétudes quant à la protection des étudiants et aux risques d’atteinte à la réputation. Il n’existe en Ontario aucune législation provinciale spécifique ni aucun système d’accréditation officiel régissant les agents spécialisés en éducation internationale, ce qui peut ouvrir la voie à des pratiques immorales, telles que la diffusion de fausses informations, l’orientation délibérée d’étudiants vers des programmes inadaptés ou le manque de transparence concernant les frais de scolarité ou le statut d’inscription. La mise en place de réglementations et de programmes de formation harmonisés à l’intention de ces agents permettrait de rationaliser les efforts de recrutement et contribuerait à protéger tant les étudiants étrangers que les établissements contre les pratiques inacceptables.

Higher Education Strategy Associates (HESA) a été mandatée par le COQES dans le cadre de son consortium sur l’éducation internationale pour mener une étude visant à examiner les modèles de réglementation des agents de recrutement dans le domaine de l’éducation internationale en vigueur dans d’autres juridictions, afin de déterminer si certains de ces éléments pourraient s’appliquer aux agents de recrutement en Ontario. La HESA a adopté une approche mixte, associant une analyse documentaire exhaustive à des entretiens qualitatifs menés auprès d’acteurs canadiens et internationaux. La HESA a examiné les modèles de réglementation des agents de recrutement en vigueur dans les pays qui accueillent un grand nombre d’étudiants étrangers et dont le cadre juridique et constitutionnel est globalement similaire à celui du Canada, soit les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Cette étude a servi de base au dernier rapport du COQES.

L’étude a révélé que d’autres pays proposent des modèles de réglementation qui pourraient s’avérer utiles dans le contexte canadien. Les États-Unis s’appuient principalement sur l’autorégulation sectorielle. Au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande, il existe des acteurs non gouvernementaux et indépendants qui contribuent à l’élaboration des politiques et à la réglementation dans le domaine de l’éducation internationale. Ces trois juridictions disposent également, à divers degrés, de la possibilité d’une intervention directe des pouvoirs publics, qui prend généralement la forme de restrictions concernant les permis d’études ou la capacité d’un établissement à recruter à l’étranger.

Ces modèles reposent en fin de compte sur le fait que les établissements d’enseignement supérieur soient tenus responsables du comportement des agents qu’ils habilitent à les représenter. En appliquant certains aspects de ces modèles au Canada, les établissements pourraient encourager ou obliger les agents à suivre une formation ou à adhérer à des codes de conduite. En établissant un lien entre les données de recrutement et les indicateurs de réussite des étudiants, les agents de recrutement pourraient également être tenus responsables des résultats des étudiants. Pour les agents de recrutement indépendants, les établissements pourraient publier la liste des agents non affiliés et aider les étudiants à faire la distinction entre les agents relevant de l’établissement et ceux qui ne le sont pas. Toutefois, des études supplémentaires seraient nécessaires pour déterminer si ces approches permettent d’atténuer les effets négatifs pouvant résulter des agissements d’agents peu scrupuleux, ou pour réglementer ceux qui ne sont pas affiliés à des établissements d’enseignement supérieur au Canada.

Étant donné que le recrutement d’étudiants étrangers est un secteur d’activité présent dans de nombreux pays, l’Ontario ou le Canada sont limités dans la mise en place et l’application d’une réglementation. Il est toutefois essentiel de déployer des efforts afin de protéger les candidats étrangers ainsi que la réputation du Canada en tant que destination d’études. Les travaux de recherche menés par la HESA constituent une avancée utile pour comprendre et définir les voies menant à une réglementation, ce qui nécessiterait une étroite collaboration au sein du secteur de l’enseignement supérieur, ainsi qu’entre les établissements et les différents paliers de gouvernement.