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Harvey Weingarten

À la défense de l’intérêt des entreprises envers l’éducation supérieure

Un de mes moments préférés, chaque semaine, consiste à regarder une émission de télévision appelée GPS (Global Public Square), animée par Fareed Zakaria. Bien qu’elle soit diffusée par CNN, l’émission de M. Zakaria explore d’importants enjeux mondiaux de façon extrêmement intelligente, intéressante et informative. À eux seuls, M. Zakaria, et les idées qu’il professe, valent le détour.
Récemment, une émission complète était consacrée à la question suivante : Que doivent faire les États-Unis pour ranimer le rêve américain? Les panélistes principaux étaient quatre éminents PDG ou ex-PDG de grandes entreprises : Eric Schmidt de Google, Muhtar Kent de Coca-Cola, Klaus Kleinfeld de Siemens et Alcoa, ainsi que Lou Gerstner de RJ Reynolds, American Express et IBM.
L’aspect fascinant, et pour l’heure pertinent, de cette émission réside dans le fait qu’elle aurait pu s’intituler « Qu’attend un pays de son système d’éducation? » Pourquoi? Parce que chacun des quatre participants a mentionné l’importance absolument capitale du secteur de l’éducation, et celui de l’éducation supérieure en particulier, pour rétablir la suprématie des États-Unis dans le monde. Un meilleur système d’éducation, plus accessible et mieux adapté aux réalités et aux besoins d’une société contemporaine, a été présenté comme un élément essentiel pour accroître le réservoir de talent, l’innovation, la productivité et la compétitivité des États-Unis à l’échelle internationale.
Je n’ai pas été étonné – plutôt grandement réconforté – par les propos de ces panélistes. J’ai toujours pensé que les dirigeants d’entreprises comptent parmi les promoteurs les plus fervents et passionnés de l’éducation supérieure. Et ils ne le sont pas seulement pour servir leurs propres intérêts. Règle générale, ils comprennent véritablement le rôle crucial des collèges et des universités dans la formation de citoyens avisés et fortement instruits dont on a besoin pour faire preuve de leadership et participer aux sociétés complexes et axées sur le savoir d’aujourd’hui. Ils comprennent également le rôle de l’éducation supérieure pour encourager l’innovation et l’esprit d’entreprise nécessaires pour réussir en cette ère de mondialisation croissante.
En outre, ces dirigeants d’entreprises reconnaissent et comprennent les défis inhérents au fait de diriger, gérer et changer des établissements complexes, plurilatéraux et bien enracinés – comme les collèges et universités. Dans ce contexte, j’ai toujours trouvé ironiques les inquiétudes concernant la « privatisation » de l’éducation supérieure. Oui, il y a des éléments à surveiller et desquels on doit se protéger. Toutefois, les collèges et universités ont probablement beaucoup à apprendre des entreprises internationales, prospères et concurrentielles.
Un dernier mot : Pour moi, à titre de Canadien, l’émission a été particulièrement saisissante. Je laisse à d’autres le soin de débattre quel pays, des États-Unis ou du Canada, est dans la meilleure situation (ou la pire, pour les pessimistes) et présente le meilleur pronostic. Ce que je sais, par contre, c’est que le Canada accuse un certain retard, par rapport aux États-Unis, en matière d’innovation et de productivité. Les États-Unis possèdent également certaines des meilleures universités au monde – ce que plusieurs reconnaîtront comme une des plus importantes sources d’optimisme pour les États-Unis. Si les États-Unis sont si préoccupés par leur avenir et leur positionnement dans un marché mondial concurrentiel, ne devrions-nous pas l’être également ici, au Canada? Ne ressent-on pas l’urgence, au Canada, d’accroître l’innovation et l’esprit d’entreprise, et d’améliorer notre système d’éducation supérieure et notre compétitivité à l’échelle mondiale?
Merci de votre attention.

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