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Carolyn Acker : Combler les écarts de rendement

Photo de Carolyn Acker

En 2001, lorsque j’occupais le poste de directrice administrative du centre de santé communautaire Regent Park, j’ai fondé Passeport pour ma réussite avec Norman Rowen. Nous ne nous considérions pas alors comme des entrepreneurs sociaux. Nous travaillions avec acharnement pour briser le cycle de la pauvreté et concrétiser la vision de « relève communautaire » du centre de santé – vision voulant que les jeunes qui grandissaient dans la communauté deviendraient nos futurs médecins, infirmiers, travailleurs sociaux, travailleurs en développement communautaire et administrateurs du centre.
Une décennie plus tard, le taux de décrochage de 56 % chez les jeunes du secondaire a été réduit à 11 % et le taux de participation aux études postsecondaires est passé de 20 à 81 %. De Winnipeg à Halifax, Passeport pour ma réussite est maintenant en œuvre dans dix communautés défavorisées et les résultats de plus 3 500 étudiants se rapprochent étroitement de ceux-ci.
Le taux d’abandon des études secondaires est supérieur à 50 % dans de nombreuses communautés canadiennes à très faible revenu. Il est impératif de combler cet écart de rendement. Cependant, les initiatives et les réformes axées sur le milieu scolaire n’ont pas réussi, par elles-mêmes, à changer ces résultats. Les recherches confirment que les facteurs communautaires et contextuels ont une incidence beaucoup plus importante sur le rendement que les facteurs scolaires.
Il n’est pas question ici de suggérer que les efforts pour accroître le niveau de scolarité ne sont pas pertinents. Il nous faut toutefois élargir notre perspective, maintenant axée sur l’école, de manière à englober la communauté dans son ensemble. La volonté d’adopter une approche communautaire a été l’une des forces motrices de la conception du programme Passeport pour ma réussite.
Prenant appui dans la communauté, Passeport fournit quatre mesures de soutien intégrées durant le secondaire :
  • tutorat quatre soirs par semaine dans la communauté;
  • titres de transport en commun ou bons pour l’achat de repas, acquis en fonction de l’assiduité, et une bourse de 4 000 $ devant aider à payer les frais de scolarité;
  • mentorat en groupe pour les élèves de 9e et de 10e années; mentorat spécialisé ou professionnel pour les jeunes de 11e et de 12e années;
  • travailleurs de soutien pour les élèves et les parents – des membres du personnel qui encadrent les élèves et qui servent de lien entre la communauté, les parents, les élèves, les écoles secondaires et le programme. Les élèves et leurs parents doivent signer une entente pour participer au programme et un nombre record l’ont fait.
Les recherches montrent clairement qu’une perspective globale est nécessaire pour éliminer les obstacles complexes à l’éducation. Une intervention unique, qu’il s’agisse de tutorat ou de mentorat, d’une aide financière ou de bourses d’études, ne suffit pas. Ce sont les quatre formes de soutien qui, ensemble, font la différence.
Notre but est d’aider 10 000 étudiants à faible revenu, issus de communautés ayant différentes caractéristiques, dans l’ensemble du Canada. Cette masse critique de jeunes démontrera que l’on peut obtenir des résultats significatifs grâce au soutien exhaustif de la communauté, dans un cadre de responsabilisation, de résultats mesurables et d’amélioration continue du programme.
Les résultats seront diffusés et des efforts de promotion encourageront des communautés à faible revenu de l’ensemble du Canada à se demander : « Quelle est l’approche de notre communauté pour aider les décrocheurs? Quels programmes fondés sur des faits améliorent les résultats des jeunes à faible revenu? Les efforts de promotion encourageront également les donateurs et les décisionnaires à faire une priorité des programmes s’appuyant sur des données probantes et des programmes communautaires qui améliorent les résultats scolaires. L’écart en matière de rendement serait ainsi réduit, ce qui ferait une différence réelle dans la vie des gens et romprait le cycle de la pauvreté pour nombre d’entre eux. C’est la vision de Passeport pour ma réussite, c’est ce que nous nous efforçons de réaliser.
À notre avis, les blogueuses et blogueurs invités expriment leurs propres avis, et pas nécessairement ceux du COQES.

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