Par Rachel Courts
En 2024, le COQES a étudié le rôle des microcertifications en Ontario et a constaté que ces certifications sont particulièrement adaptées pour aider les apprenants adultes à améliorer leurs compétences plutôt qu’à se reconvertir — c’est-à-dire à développer leurs compétences existantes plutôt qu’à en acquérir de nouvelles. Nous avons toutefois insisté pour que des données plus complètes et exhaustives concernant les programmes de microcertifications, les apprenants et les résultats soient collectées et partagées afin de contribuer à éclairer la planification des programmes et l’analyse des politiques.
Dans nos recommandations, nous avons notamment souligné l’intérêt des données du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiant·es de l’Ontario (RAFEO), qui pourraient permettre de déterminer quels apprenants bénéficient d’une aide financière pour obtenir des microcertifications. En 2025, le COQES a eu accès à ces données, qui portent sur un sous-ensemble d’apprenants en microcertifications (ceux ayant bénéficié du RAFEO pour des microcertifications) dans le cadre d’un sous-ensemble de programmes de microcertifications (ceux admissibles au RAFEO). Même si ces données ne reflètent qu’une partie du paysage des microcertifications en Ontario, elles indiquent que la notoriété et l’adoption de ces microcertifications sont en hausse.
Les données du RAFEO indiquent que la notoriété et l’adoption des microcertifications sont en hausse.
Les données disponibles comprennent le nombre de bénéficiaires ayant reçu une aide financière du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiant·es de l’Ontario (RAFEO) pour des microcertifications entre 2021-2022 et 2023-2024, avec une ventilation par type d’établissement, par genre, par âge et par revenu. Le nombre de bénéficiaires est calculé à partir des données des demandes; ainsi, chaque demande ayant donné lieu à l’octroi d’une aide est comptabilisée une seule fois. Cela signifie que les bénéficiaires peuvent figurer plusieurs fois dans l’échantillon s’ils ont reçu un financement pour plusieurs demandes.
Entre 2021-2022 et 2023-2024, le nombre de bénéficiaires du RAFEO pour les microcertifications admissibles a augmenté de 486 %. Le nombre réel de participant·es pourrait toutefois être encore plus élevé, car certains apprenants ne sollicitent pas d’aide financière pour obtenir des microcertifications. Entre 2021-2022 et 2022-2023, on a constaté une hausse particulièrement marquée du nombre de bénéficiaires du RAFEO dans le cadre de microcertifications — soit une augmentation de 292 % —, ce qui coïncide avec l’annonce par le gouvernement de l’Ontario de ses premiers investissements dans ces programmes et de l’admissibilité au RAFEO en 2020.

Au cours de cette période de trois ans, tant les collèges que les universités ont enregistré une augmentation du nombre de bénéficiaires du RAFEO pour les microcertifications admissibles, la proportion de bénéficiaires dans les collèges ayant notamment connu une forte hausse en 2022-2023. La plupart des bénéficiaires de l’échantillon ont toutefois suivi des formations courtes donnant droit à une aide financière du RAFEO dans des universités. Cela va dans le sens des travaux antérieurs du COQES, qui avaient révélé que la plupart des microcertifications en Ontario étaient proposées dans les universités.
Quel que soit le genre, l’âge ou le revenu, le nombre de bénéficiaires du RAFEO pour les microcertifications admissibles a augmenté (souvent de manière significative) entre 2021-2022 et 2023-2024. La proportion de bénéficiaires au sein de ces groupes a toutefois légèrement varié au fil du temps. Par exemple, le salaire annuel de la plupart des bénéficiaires du RAFEO ayant obtenu des microcertifications était inférieur à 50 000 dollars, un chiffre qui est resté stable au cours de la période considérée, mais la proportion d’apprenants s’identifiant comme des femmes ou appartenant à d’autres catégories a augmenté. La plupart des bénéficiaires du RAFEO ayant obtenu des microcertifications étaient également âgés de plus de 25 ans, ces proportions n’ayant que très peu varié au cours de la période considérée. Cela semble indiquer que la plupart des apprenants bénéficiant de l’aide financière du RAFEO pour suivre des microcertifications admissibles sont des adultes, ce qui corrobore notre constatation antérieure selon laquelle les microcertifications en Ontario s’adressent principalement à des adultes actifs souhaitant améliorer leurs compétences grâce à des programmes de courte durée.
La plupart des bénéficiaires du RAFEO pour les microcertifications gagnaient moins de 50 000 dollars par an, s’identifiaient comme des femmes ou d’un autre genre et avaient plus de 25 ans.

Remarque : L’astérisque (*) indique que les données ont été masquées lorsque le nombre de destinataires était inférieur à trois. En raison de la petite taille des cellules, la catégorie « Autres » a été regroupée avec celle des « Femmes ».
D’après les données du RAFEO, il semble que, depuis 2021, les apprenants aient de plus en plus recours au RAFEO pour suivre des programmes de microcertification admissibles, les apprenants adultes étant les plus nombreux à le faire. En continuant à élargir l’éventail des microcertifications admissibles au RAFEO (qui compte actuellement environ 2 300 programmes), on peut contribuer à garantir qu’un plus grand nombre d’apprenants aient accès à ces possibilités de formation.
Si cela donne un aperçu de l’adoption des microcertifications en Ontario, des données couvrant l’ensemble des apprenants concernés permettraient une analyse plus approfondie des tendances et offriraient une vision plus complète des personnes qui suivent des formations menant à des microcertifications et qui en détiennent dans la province. Une analyse plus approfondie des types de données — ainsi que des méthodes utilisées pour les collecter et les partager — pourrait nous aider à mieux cerner le paysage des microcertifications en Ontario. Par exemple, bien que les microcertifications soient encore un concept relativement nouveau, les données administratives ou issues d’enquêtes qui suivent les résultats des apprenants sur le marché du travail pourraient contribuer à orienter l’élaboration future des politiques et des programmes en matière de microcertifications. Pour en savoir plus sur les autres types de données requises, consultez l’étude de l’HEQCO sur les microcertifications en Ontario.
