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Dans notre mire | L’accès aux écoles de droit

Dans notre mire met en valeur des membres du personnel et blogueurs invités du COQES qui présentent leur point de vue unique sur les tendances, les nouvelles idées et les questions délicates relatives à l’enseignement supérieur. Les opinions exprimées n’engagent que les auteurs.

L’accès aux études postsecondaires a été une priorité de recherche du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES) depuis sa création. La question liée à l’accès aux études postsecondaires a récemment connu un rebondissement intéressant en raison des nouvelles initiatives mises en œuvre au Canada et au Royaume-Uni, même si elles attaquent le problème sous des angles très différents.

Ces initiatives sont axées sur l’accès aux écoles de droit. Conformément aux prestigieuses écoles de droit américaines, comme la New York Law School, la Harvard Law School et l’University of California, Los Angeles, l’Université de Toronto a récemment lancé un programme qui offrira gratuitement le cours de préparation au Law School Admission Test (LSAT) aux étudiants à faible revenu. Le programme repose sur le raisonnement selon lequel le coût des cours de préparation entrave l’accès aux écoles de droit pour un grand nombre d’étudiants qui n’ont pas les moyens de payer des sommes de 500 $ et de 1 000 $ pour suivre des cours de ce genre, ce qui fait inévitablement pencher la balance en faveur des étudiants aisés. Afin de donner des chances égales à tous les étudiants (au moins en ce qui concerne l’accès), l’Université de Toronto offrira gratuitement le cours de préparation aux étudiants qui ont une moyenne d’au moins 78 % au premier cycle, qui sont en troisième ou en quatrième année et qui reçoivent une bourse canadienne pour étudiants de famille à faible revenu (seuil de faible revenu du ménage de 50 000 $ pour une famille de quatre personnes).

Même si l’initiative ne vise pas à analyser les données démographiques particulières des étudiants qui présentent habituellement des demandes d’admission auprès des écoles de droit (les recherches indiquent qu’ils ont tendance à être aisés et à avoir des parents très instruits occupant des postes prestigieux), les responsables du programme reconnaissent que le fait d’entreprendre des études dans des écoles de droit représente un projet coûteux dès le début, bien avant la présentation de la demande d’admission, sans parler des droits de scolarité élevés qui s’ensuivent. Ainsi, il faut donner un peu de répit aux étudiants dans le besoin pour (avec un peu de chance) uniformiser leur niveau de préparation en prévision du LSAT. Je ne prévois pas que l’accès au cours de préparation ait une grande incidence sur les taux d’acceptation d’étudiants à faible revenu, mais, au moins, il leur permettra de se sentir aussi préparés au LSAT que les étudiants à revenu élevé.
Au Royaume-Uni, l’Université Birkbeck porte la question de l’accès aux écoles de droit à un autre niveau. Consciente de la hausse des coûts des études en droit au Royaume-Uni, l’Université Birkbeck a créé un programme servant d’avant-goût qui s’adresse aux étudiants envisageant d’entreprendre des études en droit. En s’appuyant sur le modèle des magasins de vente au détail éphémères,  l’initiative « diplôme de droit en trois minutes » de l’Université Birkbeck donne aux participants un « avant-goût » des études en droit avant qu’ils ne dépensent une fortune pour en poursuivre. Cette initiative repose sur la logique voulue selon laquelle il faut faire entrer les étudiants éventuels dans une salle de classe, même seulement pendant quelques minutes, dans l’espoir qu’ils décideront de présenter une demande d’admission à l’avenir. Les étudiants peuvent décider de ne pas entreprendre des études de droit, ce qui leur évitera de dépenser une fortune par erreur.
Bien que ces exemples portant sur deux écoles de droit donnent une représentation assez différente de la situation, les deux approches visent les étudiants à faible revenu, soit en leur donnant un coup de main soit en leur permettant d’établir un premier contact avant de présenter une demande d’admission. Les étudiants de famille à revenu élevé disposent de ces deux éléments. Si ces programmes permettent d’améliorer les taux d’accès aux écoles de droit des étudiants dans le besoin, alors, à mon avis, ce sont des projets utiles.

-Vicky Maldonado

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