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Frank Iacobucci : Hommage au premier président du conseil d’administration du COQES

Photo de Frank Iacobucci
Photo de Frank Iacobucci
Photo de Frank Iacobucci

Une réunion du conseil d’administration du COQES sans l’honorable Frank Iacobucci à la barre paraît inconcevable. Toutefois, après six ans à la présidence du conseil du COQES, l’inimaginable se produira bientôt. L’hommage qui suit ne présente qu’un mince aperçu des nombreuses contributions de Frank au COQES et à l’éducation supérieure au Canada. Tous deux ont énormément grandi sous le leadership exceptionnel de Frank, et j’apprécie grandement l’occasion qui m’a été donnée de travailler en étroite collaboration avec lui. Je vous invite à rendre hommage à Frank à votre façon dans la section du blogue réservée aux commentaires. Je vous remercie à l’avance pour vos témoignages.

Depuis six ans, Frank Iacobucci, président du conseil d’administration du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES), prononce le nom abrégé en anglais de l’organisme (« HECQO ») comme le mot « écho » plutôt que comme le plus courant mais aussi plus sec « heck o » – une habitude que le personnel a toujours trouvé charmante.
Ce n’est que maintenant, alors qu’il quitte le conseil d’administration du COQES, que nous apprenons que ce fils d’immigrants italiens, amateur de mets italiens épicés qui cultive aussi la pomodoro, fait depuis longtemps appel à ses origines lorsqu’il parle de l’organisme dont il a si admirablement fait la promotion. Son « écho » est en fait un « ecco », mot italien qui signifie approximativement « voilà ».

Ces deux expressions décrivent bien la situation en 2005, année où le COQES a vu le jour à l’issue d’un examen provincial de l’éducation postsecondaire mené par Bob Rae, l’actuel chef intérimaire du Parti libéral du Canada. Le rapport Rae et l’initiative Vers des résultats supérieurs qui a suivi sont nés au moment même où Frank, après 13 années comme très respecté juge de la Cour suprême du Canada, assumait provisoirement la fonction de recteur de l’Université de Toronto. À la fin de son mandat de 10 mois, il était fin prêt à accepter une invitation à présider le premier conseil d’administration du premier organisme provincial chargé de mener des recherches sur l’accès à l’éducation postsecondaire et la qualité de cette éducation, ainsi que sur la responsabilisation à cet égard.

Frank n’est pas novice en matière de recherche, puisqu’il a aussi été professeur de droit, doyen de la Faculté de droit et vice recteur aux études à l’Université de Toronto, où la recherche occupe une place importante. À quelques remarquables exceptions près, il souligne que c’était le désert en matière de recherche sur l’éducation supérieure. « Partout au pays, rares étaient les universitaires qui se penchaient sur le milieu dont ils faisaient partie. »

Avec son mandat axé sur la recherche sur l’éducation postsecondaire, le tout nouveau COQES n’était ni plus ni moins qu’une législation à la recherche d’un conseil d’administration, de personnel, de politiques, de protocoles et d’un plan. « Le gouvernement provincial nous a offert les services d’une équipe d’experts conseils qui ont été d’un grand secours », se rappelle Frank en faisant l’éloge de l’expert conseil, auteur et ancien sous ministre adjoint à l’éducation secondaire David Trick pour ses conseils judicieux et sa contribution à l’ouverture de la voie durant les premiers pas de l’organisme. « Il a été un président directeur général officieux », souligne Frank.

« Les gens du milieu de l’éducation supérieure connaissent Frank et admirent son leadership, et pourtant il ne parle pratiquement jamais de ce qu’il a fait pour se valoir une admiration comparable de la part de la collectivité autochtone, de la collectivité italo canadienne, des défenseurs des droits de la personne et de ses pairs de la magistrature de partout dans le monde. La carrière de Frank illustre parfaitement comment un citoyen peut s’engager dans la vie publique de son pays. » / David Trick

Au début de son mandat au COQES, Frank a beaucoup discuté avec les dirigeants des collèges et universités de l’Ontario qui, s’ils étaient pleins de bonne volonté, s’inquiétaient aussi un peu du rôle de l’organisme. Allait il remplacer Collèges Ontario ou le Conseil des universités de l’Ontario? Allait il faire obstacle au rôle des recteurs des établissements? Les universités éclipseraient elles les collèges et retiendraient elles toute l’attention de l’organisme? « Durant cette période formative, il était bon pour le COQES de savoir que ces inquiétudes existaient », souligne Frank.
Mais au fil du temps, ces préoccupations ont disparu, relate t il, grâce à l’habile leadership de James Downey, premier président du COQES, et de Ken Norrie, premier vice président à la recherche – « des choix providentiels », selon lui. En 2010, Harvey Weingarten a succédé à James Downey et, de l’avis de Frank, a transformé le COQES grâce à ses perspectives axées à la fois sur le long terme et sur les priorités.

« Pour moi, la meilleure partie d’un travail stimulant au sein du COQES a été de collaborer avec Frank; des amis communs, David Johnston et Rob Prichard, m’avaient prévenu que ce serait le cas. Ils m’avaient dit que malgré toutes ses réalisations et tous les honneurs qu’il avait reçus, Frank était un homme terre à terre et même bon vivant, et qu’il était toujours de bonne compagnie. Son humilité n’a d’égal que son sens de l’humour, et encore plus que sa sagesse, ce sont ses imitations impromptues et tout à fait justes de nos héros culturels, à lui et à moi – W. C. Fields, Groucho Marx et Bela Lugosi, entre autres – qui me manqueront. Le COQES a eu de la chance de l’avoir pour président, défenseur en chef et gardien. C’est une bénédiction pour moi de l’avoir pour ami. » / James Downey

De son propre leadership du conseil d’administration, Frank dit que ce n’est qu’une question de passion. « Après ma passion pour ma femme et ma famille, vient ma passion pour l’éducation. Il faut être passionné pour l’organisme et pour ce qu’il représente. » Parmi les autres qualités essentielles que doit à son avis posséder un président de conseil d’administration en devenir, citons de solides compétences en relations interpersonnelles, l’aptitude à instaurer un consensus, la capacité à établir des priorités, le savoir écouter et un respect véritable pour les gens.
« Le conseil d’administration du COQES est formé de personnes ayant des compétences et des expériences très diversifiées, et qui sont toutes très accomplies, explique t il. Je garde toujours l’esprit ouvert. J’apprends constamment de mes collègues. »

Après six années d’existence et quelque 36 réunions du conseil d’administration, Frank estime que le COQES a fait sa place. « Je suis fier des hommes et des femmes avec qui j’ai travaillé au COQES. Les membres du personnel éprouvent de la satisfaction professionnelle à travailler au sein de l’organisme. Leurs voix sont entendues et leurs rôles sont appréciés. »

« Dans le cadre de mes fonctions de directrice de la recherche au COQES, j’ai eu le privilège d’interagir avec Frank quelques fois par année depuis environ cinq ans. Je n’ai jamais travaillé en étroite collaboration avec lui, et il n’avait aucune raison particulière de me consacrer du temps. Pourtant, il s’est toujours efforcé d’être gentil, aimable et généreux à mon endroit. Il représente ce que doit être un véritable leader : il a toujours du temps pour les gens, il fait preuve d’humilité et de franchise et il fait toujours se sentir valorisés et importants ceux qui l’entourent. Si durant ma carrière il m’arrivait d’avoir la chance de travailler de nouveau avec Frank, je n’hésiterai absolument pas. » / Fiona Deller

« J’estime que je quitte un organisme qui a fait sa marque, souligne t il, et que les collèges et universités respectent pour sa contribution à une meilleure compréhension de l’éducation postsecondaire en Ontario et ailleurs au Canada. Je crois que les recherches menées par le COQES ont éclairé les discussions et les décisions stratégiques. Le système a réalisé de grands progrès en matière d’accès et de responsabilisation. Le prochain objectif est la qualité, et c’est là que le COQES peut réellement faire une différence. Qu’entend on par qualité? Comment peut on la mesurer? Quelles sont les cibles? Il ne sert à rien de penser à l’accès et à la responsabilisation sans tenir compte de la qualité. »

À son avis, la recherche universitaire a évolué pour devenir une industrie prospère et durable, alors que le secteur de l’éducation collégiale a réalisé des gains impressionnants en développement de l’esprit d’entreprise. « La bonne nouvelle, c’est que le système de l’Ontario s’est amélioré. La mauvaise, c’est que celui des autres aussi. »

« L’éducation n’a pas de frontières, ajoute t il. Les professeurs et les étudiants font partie d’un marché international; le marché n’est plus captif. Les technologies mondiales influent aussi sur ce que ce nous faisons et sur la façon dont nous le faisons. La concurrence s’est internationalisée, et il s’agit là d’un important catalyseur d’innovation. »

En ce qui concerne la suite de sa carrière, Frank admet que même s’il bénéficie d’une santé qui lui permet de siéger à nombre de conseils et de commissions (et de garder un contact étroit avec ses sept petits enfants), il sait qu’il doit « prendre des décisions stratégiques; à 75 ans, il faut faire attention de ne pas avoir les yeux plus grands que la panse. »

Vediamo!

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