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Lena Balata et Ken Chatoor — Favoriser une culture de soins : Santé mentale proactive et inclusive dans les établissements postsecondaires

La pandémie de COVID-19 a eu le double effet (en anglais seulement) de nuire à la santé mentale des étudiants tout en perturbant les services de soutien en santé mentale. Ces problèmes se présentent alors que les établissements d’enseignement postsecondaire (EPS) s’efforcent de faire passer leur approche de soutien en santé mentale de réactive à proactive. Un modèle proactif a pour but de mobiliser, de prévenir et d’éduquer. Une partie de cette approche en matière de santé mentale est l’inclusion intentionnelle de soutiens culturellement pertinents qui correspondent à la diversité de la communauté. L’importance de ces soutiens transcende la pandémie : la population ontarienne se diversifie, tout comme ses campus collégiaux et universitaires. Pour favoriser une culture de soins, les soutiens en santé mentale doivent refléter la culture, l’expérience et les besoins de tous les étudiants de niveau postsecondaire de l’Ontario.

Les soutiens en santé mentale doivent être proactifs et être intégrés à la culture des établissements eux-mêmes afin que tous les étudiants puissent y accéder.

Comme le COQES l’a récemment souligné, la santé mentale est un problème urgent sur les campus de la province, les répercussions étant ressenties de façon disproportionnée par les membres appartenant aux communautés des personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC). Le numéro précédent de notre blogue décrivait les effets uniques de la santé mentale au niveau individuel, mais la question doit aussi être examinée au niveau institutionnel. Notre exploration de cette question a mené à un thème commun : les soutiens en santé mentale doivent être proactifs et être intégrés à la culture des établissements eux-mêmes afin que tous les étudiants puissent y accéder. On peut assurer cette intégration en consultant régulièrement et directement les étudiants et le personnel des établissements et en s’efforçant d’évaluer la santé mentale des membres des différentes communautés. Ainsi, les institutions seraient mieux placées pour comprendre la diversité des besoins de leurs communautés et y répondre. Cette approche proactive permet aux établissements d’être en position de rejoindre tous les étudiants avant que surviennent les crises de santé mentale. De plus, les étudiants et le personnel des établissements seraient mieux équipés pour trouver les ressources en santé mentale qui répondent le mieux à leurs besoins.

Vers une culture de soins

Pour utiliser un concept créé par la Fondation JED (en anglais seulement), les campus devraient continuer d’évoluer vers une « culture axée sur les soins » en offrant des ressources culturellement pertinentes (en anglais seulement) et accessibles en santé mentale qui permettent aux étudiants sous-représentés de se sentir soutenus. Une approche axée sur la culture dans le contexte des soins de soutien à la santé mentale favorise le bien-être émotionnel et vise à prévenir les crises de santé mentale. Ce type d’approche vise également à s’assurer que tous les étudiants sont inclus et que la santé mentale des étudiants demeure une priorité permanente pour les établissements postsecondaires.

Voici quelques exemples de ressources et de soutiens en santé mentale culturellement pertinents dans le secteur de l’EPS :

  • La Boîte à outils sur l’équité sur le campus du Centre d’innovation en santé mentale sur les campus (CISMC) fournit un cadre pour créer un campus culturellement sécuritaire qui commence par la personne. Le CISMC recommande l’utilisation d’un langage non stigmatisant pour favoriser la sécurité des étudiants et encourager l’inclusion sociale en formant une alliance fructueuse avec les communautés. Ces stratégies exigent une sensibilisation aux pratiques oppressives et aux inégalités que les étudiants sous-représentés continuent de combattre.
  • Collèges Ontario, le Conseil des universités de l’Ontario, l’Alliance des étudiants des collèges et l’Alliance des étudiants de premier cycle de l’Ontario ont publié un rapport conjoint (2020) (en anglais seulement) qui préconise une approche « pancommunautaire » pour faire en sorte que les étudiants aient accès au traitement sur le campus et hors campus. Cela est particulièrement important parce qu’il risque de ne pas y avoir à l’établissement des conseillers spécialisés sur le plan culturel pour les groupes mal desservis (p. ex., Autochtones, Noirs, LGTBQ+, etc.). Ainsi, l’approche « pancommunautaire » vise à établir un système intégré qui favorise l’accès à un éventail de spécialités en santé mentale ciblant les étudiants sous-représentés. 
  • Le Fonds Steve (en anglais seulement) recommande de mobiliser activement les étudiants pour obtenir des observations sur la santé mentale et le bien-être. Cela comprend la tenue régulière de sondages et de groupes de discussion pour aider les étudiants sous-représentés à comprendre leurs besoins et leurs défis entourant la santé mentale. Le Fonds Steve recommande également d’inclure délibérément des membres représentant les diverses communautés aux comités et conseils de consultation qui dirigent des initiatives en santé mentale auprès des communautés sur le campus.
  • Le Centre de santé et de counseling de Mississauga de l’Université de Toronto énumère des ressources adaptées à la culture (en anglais seulement) sur son site Web pour soutenir sa communauté étudiante. Bien que simple, cette approche reflète les pratiques de promotion d’une culture de soins sur les campus en créant des points d’accès à des soutiens en santé mentale qui tiennent compte de diverses perspectives.

Nous comprenons que les efforts visant à protéger la santé mentale des étudiants, particulièrement en ce moment, peuvent sembler un défi énorme. Toutefois, des progrès continus et des mesures concrètes permettront d’améliorer la santé sur les campus et au sein des communautés. Les établissements doivent s’assurer que toutes les ressources disponibles contribuent à créer une culture de soins pour tous les étudiants.

Lena Balata est chercheuse et Ken Chatoor est chercheur principal au Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur.

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