Autrices : Rachel Courts, Alana Button
Les initiatives visant à améliorer l’accès à l’enseignement postsecondaire (EPS) sont souvent axées sur l’aide à l’entrée dans l’EPS, mais ne tiennent pas compte de ce qui se passe après le début des études. Pour soutenir pleinement l’accès des étudiant·es à l’enseignement supérieur, une définition plus large de l’accès est nécessaire. Une définition qui inclut la persévérance des étudiant·es, l’obtention d’un diplôme et la transition vers le marché du travail. Mais que se passe-t-il lorsque les étudiant·es s’inscrivent à l’EPS, mais ne terminent pas leurs études? Qu’est-ce que cela signifie pour les étudiant·es, le gouvernement de l’Ontario et les Ontarien·nes qui ont investi dans l’enseignement postsecondaire?
Pour soutenir pleinement l’accès des étudiant·es à l’enseignement supérieur, une définition plus large de l’accès est nécessaire.
Depuis 2023, le COQES collabore avec la Société de recherche sociale appliquée (SRSA) pour étudier l’abandon des études postsecondaires (c’est-à-dire le fait de commencer des études postsecondaires et d’arrêter avant d’obtenir le diplôme) en Ontario. Nos travaux antérieurs ont porté sur les taux d’abandon des études postsecondaires et les résultats sur le marché du travail et la façon dont cela varie en fonction des caractéristiques sociodémographiques des étudiant·es. Dans l’étape suivante de cette recherche, nous avons étudié les coûts financiers de l’achèvement et de l’abandon des études postsecondaires pour les étudiant·es, les gouvernements et la société. En utilisant des techniques d’analyse coûts-bénéfices, la SRSA a comparé les coûts et les revenus sur une période de 40 ans entre les personnes qui ont participé à l’EPS (qu’elles aient obtenu ou non leur diplôme) et celles qui ne l’ont pas fait. La SRSA a utilisé diverses sources d’information pour élaborer un modèle coûts-avantages, notamment le Système d’information sur les étudiant·es postsecondaires (SIEP), les données sur les frais de scolarité, les données du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO), les données de la Plateforme longitudinale sur l’éducation et le marché du travail (PLEMT) et celles du recensement. Notre infographie ci-dessous illustre les résultats de ces analyses, qui mettent en évidence la valeur de l’EPS. La participation à l’EPS offre une valeur individuelle et collective à plusieurs égards, notamment grâce à l’amélioration des résultats en matière de santé, de vie sociale, de citoyenneté et d’économie. Notre travail avec la SRSA s’est concentré sur ce dernier point et, d’après cette recherche, la valeur économique de l’EPS est claire : la participation à certains programmes d’EPS apporte des avantages financiers importants aux Ontarien·nes et au gouvernement de l’Ontario.
La participation à certains programmes d’EPS apporte des avantages financiers importants aux Ontarien·nes et au gouvernement de l’Ontario.
Nous avons appris que les étudiant·es tirent en moyenne un avantage financier de leur participation à un programme d’enseignement postsecondaire, par rapport à aux étudiant·es qui n’y ont pas participé. Les personnes qui terminent des études postsecondaires gagnent environ 600 000 dollars de plus que les non-participant·es au cours de leur vie, principalement en raison de l’augmentation de leurs revenus. Les étudiant·es qui suivent des études postsecondaires, mais les abandonnent sans diplôme en tirent également profit, puisque les étudiant·es qui n’ont pas terminé leurs études gagnent environ 220 000 dollars de plus que les non-participants au cours de leur vie (là encore, en grande partie grâce à des revenus plus élevés).
Mais les étudiant·es ne sont pas les seul·es à bénéficier de la participation à l’EPS. L’augmentation des revenus entraîne une hausse des recettes fiscales qui profite plus largement aux gouvernements et à la société. En comparaison avec les non-participant·es, lorsqu’un·e étudiant·e moyen·me fréquente un établissement d’enseignement postsecondaire, mais quitte sans diplôme, les gouvernements (y compris les gouvernements de l’Ontario et fédéral) bénéficient d’environ 104 000 dollars supplémentaires au cours de la vie active de l’étudiant·e et la société bénéficie d’environ 324 000 dollars supplémentaires au cours de cette même période. Si cette même personne termine ses études postsecondaires, ces avantages (par rapport à l’absence d’études) augmentent considérablement – les gouvernements gagnant environ 338 000 dollars et la société environ 939 000 dollars au cours de sa vie. Ces différences de résultats entre la complétion et l’abandon se traduisent par des pertes considérables pour les pouvoirs publics et la société : Lorsqu’un·e étudiant·e quitte l’EPS sans diplôme, les gouvernements et la société perdent respectivement environ 234 000 et 615 000 dollars au cours de sa vie. Les pertes financières se traduisent par une baisse des recettes fiscales et des cotisations sociales, ce qui entrave la capacité du gouvernement à fournir des aides et des services essentiels aux Ontarien·nes. Considérant près d’un quart des étudiant·es qui commencent des études postsecondaires en Ontario ne les terminent pas, des avantages considérables pour les gouvernements et la société restent inexploités. La participation des étudiant·es à certains cours d’EPS présente une valeur financière évidente, mais l’achèvement des cours d’EPS offre une valeur encore plus grande.
La participation des étudiant·es à certains cours d’EPS présente une valeur financière évidente, mais l’achèvement des cours d’EPS offre une valeur encore plus grande.
Ce travail souligne la valeur de la participation à l’EPS, non seulement pour les étudiant·es, mais aussi pour les Ontarien·nes et le gouvernement de l’Ontario. Lorsque les individus suivent des études postsecondaires, nous en tirons tous des avantages financiers considérables, et ces avantages augmentent lorsque les étudiant·es obtiennent un diplôme. Pour tirer pleinement parti de la valeur des études postsecondaires, il faut mieux comprendre les conditions d’accès à celles-ci afin de s’assurer que les étudiant·es bénéficient d’un soutien tout au long de leur parcours.
Pour en savoir plus sur le travail du COQES avec la SRSA sur les coûts de l’abandon, consultez notre résumé de l’analyse coûts-avantages de la SRSA et son rapport technique complet.

