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Mubeen Ladhani : Un été beau et chaud… dans l’enseignement!

Mubeen Ladhani, Collège Durham
Mubeen Ladhani, Collège Durham

En tant que membre contractuelle du corps professoral dans un collège ontarien, je ne peux me permettre de prendre de longues vacances estivales. Mais il me tarde d’honorer mon prochain contrat d’enseignement de la session printemps-été, lequel l’emporte sur les vacances que j’aurais pu prévoir (sauf une escapade le week-end, à l’occasion). Pourquoi? En partie parce que l’enseignement durant la session printemps-été me permet de payer mes factures et, parallèlement, de parfaire mes aptitudes à l’enseignement.

Plusieurs pourraient croire que les aspects fonctionnels de l’enseignement (les bureaux, les chaises, la console de l’ordinateur) ont pour effet de gâcher les belles journées d’été. Cependant, depuis qu’on m’a confié ce créneau d’enseignement, ça me plaît beaucoup, notamment pour ce qui est de certains à-côtés exceptionnels et avantageux à la fois pour l’enseignant et l’étudiant.

Tout comme les enseignants des écoles publiques, ceux du niveau collégial adorent enseigner à des groupes de taille raisonnable. Voilà où se concrétise mon premier avantage : durant la session printemps-été, les enseignants ont le privilège de donner leurs cours à des groupes de taille très raisonnable. Par exemple, mon groupe actuel se compose d’un grand total de 16 étudiants motivés (oui, j’ai bel et bien employé le mot « motivés »). Dans les cours donnés à la session printemps-été, les groupes peuvent compter jusqu’à 30 étudiants, tandis que ce nombre augmente du double au cours des sessions d’automne et d’hiver.

À quoi rime un groupe de taille restreinte composé d’étudiants motivés durant la session printemps-été? Il règne en classe une ambiance de vie collective qui amène les étudiants à apprécier le processus d’apprentissage, de concert avec l’atteinte de leur but consistant à « obtenir la note de passage » dans les programmes de formation professionnelle. De plus, les étudiants font davantage entendre leurs opinions et consentent davantage à exprimer leur malaise ou leur satisfaction relativement au cours. Ils cherchent activement à établir avec leurs collègues de classe et leurs professeurs des rapports empreints de collégialité, et ils semblent se présenter en classe davantage préparés et prêts à prendre en main leur apprentissage. Voilà qui est logique : la plupart des étudiants qui suivent des cours à la session printemps-été sont ou bien sur le point d’entreprendre la deuxième partie d’un cours dont ils connaissent déjà les attentes en matière d’apprentissage, ou bien en quête d’une hausse de leur note finale pour être admis dans le programme de leur choix.

Mes évaluations de cours donnent à penser que les étudiants de la session printemps-été assimilent mieux la matière et affichent une note médiane plus élevée que ceux des sessions d’automne ou d’hiver, et ce, bien que le déroulement de la session printemps été soit beaucoup plus rapide. Est-ce attribuable à une charge de cours allégée, aux rapports étroits avec les collègues de classe et l’enseignant ou, peut-être, aux bienfaits d’un ensoleillement prolongé? Au cours de mes propres études universitaires de premier cycle, je me rappelle avoir apprécié cet avantage lié à l’apprentissage de la session printemps-été : je savais que je pouvais alors me concentrer intensément sur la matière sans devoir subir la turbulence propre aux autres sessions de l’année scolaire, caractérisées par un cheminement pédagogique structuré.

Outre l’enseignement, l’un des volets les plus emballants d’une participation et d’une présence continues aux cours et sur le campus durant la session printemps-été, ce sont toutes les activités sans lien avec l’enseignement auxquelles j’ai eu l’occasion de participer, dont la schématisation des cursus, la révision des plans de cours, l’élaboration de cours en ligne au OntarioLearn.com, la réalisation de recherches, et la prestation d’exposés à l’occasion de conférences.

Mais ce qui ne change pas, quelle que soit la session, c’est la joie que j’éprouve lorsque je rencontre par hasard d’anciens étudiants qui m’entretiennent des réussites concrétisées au fur et à mesure de leur progression dans leur parcours d’apprentissage principal. Tout compte fait, je ne passe pas mes étés à me prélasser au chalet, mais je contribue à la réussite de ces étudiants de même qu’à leur préparation en vue de la réalisation de leurs rêves.

Mubeen Ladhani est depuis trois ans enseignante au programme général des arts et sciences du Collège Durham. L’été, lorsqu’elle n’enseigne pas, elle s’adonne au jogging et à la randonnée pédestre dans les magnifiques espaces naturels de l’Ontario.

À notre avis, les blogueuses et blogueurs invités expriment leurs propres avis, et pas nécessairement ceux du COQES.

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