Combler les lacunes : Incidence du programme « Teaching in the Canadian Classroom » sur l’efficacité en enseignement des adjoints d’enseignement internationaux

Un programme aide les étudiants étrangers aux cycles supérieurs qui sont assistants d’enseignement à gérer le choc culturel pédagogique

Les étudiants des cycles supérieurs qui sont assistants d’enseignement (AE) jouent un rôle essentiel dans l’enseignement universitaire au Canada. Beaucoup d’entre eux – en particulier dans les domaines des sciences, de la technologie, du génie et des mathématiques – proviennent de pays et de cultures où l’enseignement supérieur est principalement centré sur le professeur et où les étudiants traitent les professeurs avec révérence et respect. Lorsqu’ils arrivent dans les universités canadiennes comme étudiants aux études supérieures et comme assistants d’enseignement, ils sont confrontés à un environnement très différent, davantage axé sur l’apprenant, et où les étudiants se sentent libres d’interrompre leur professeur et de le remettre en question à propos de tout – du contenu des cours aux notes.

La façon d’aider les AE à gérer ce choc culturel pédagogique est le sujet de la nouvelle étude demandée par le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur. Combler les lacunes : Incidence du programme « Teaching in the Canadian Classroom » sur l’efficacité en enseignement des adjoints d’enseignement internationaux a examiné les programmes de formation des AE à l’Université Western et constaté qu’un programme amélioré par des composantes interculturelles importantes avait une incidence positive sur le développement des étudiants, non seulement en tant qu’enseignants mais également en tant qu’étudiants aux cycles supérieurs.

Description du projet

L’étude a examiné deux programmes de formation des AE – un comprenant un contenu interculturel substantiel et conçu expressément pour les AE étrangers, l’autre étant un programme général au contenu interculturel limité – afin de déterminer quelles étaient leurs répercussions sur la transition des étudiants étrangers vers les études supérieures au Canada. Les deux programmes comprennent des « séances de microenseignement », durant lesquelles les AE reçoivent des commentaires détaillés sur un cours de 10 minutes qu’ils enseignement, ainsi que des modules sur les techniques pédagogiques efficaces. Le programme interculturel aborde également des questions comme les différences culturelles dans les rôles des enseignants et des étudiants, les attentes relatives à l’engagement des étudiants et des stratégies pour aider les étudiants étrangers à faire le pont entre les différences culturelles propres aux styles de communication avec leurs étudiants et superviseurs.

Des étudiants d’une gamme de disciplines inscrits dans les deux programmes entre janvier 2011 et janvier 2012 ont participé à l’étude. Au début et à la fin de chaque programme, ils ont rempli une série de questionnaires d’auto-évaluation et ont également participé à des groupes de discussion de suivi. Les AE canadiens qui participaient au programme général ont été inclus dans la recherche en tant que groupe de comparaison.

Résultats 

Les AE étrangers qui ont participé au programme interculturel ont fait des gains plus importants quant à l’efficacité globale de leur enseignement durant les séances de microenseignement. Toutefois d’autres analyses n’ont pas constaté de différences entre les trois groupes. Par contre, les entrevues en groupes de discussion, qui ont eu lieu de quatre à sept mois après les programmes, ont révélé des différences considérables entre les deux programmes de formation, du point de vue des répercussions à long terme. Les participants au programme interculturel pratiquaient nettement un enseignement plus centré sur les étudiants et manifestaient une plus grande capacité à favoriser l’apprentissage actif dans leurs classes.

Comme le soulignent les auteurs, ces étudiants « se percevaient comme des facilitateurs de l’apprentissage plutôt que comme des transmetteurs d’information ». Plusieurs AE ont également dit qu’ils remarquaient mieux les techniques d’enseignement efficaces et inefficaces de leurs professeurs.

Comme les différences entre les résultats des deux programmes étaient plus évidentes dans les groupes de discussion organisés plusieurs mois plus tard, les auteurs suggèrent que l’incidence sur l’efficacité de l’enseignement se manifeste à long terme et peut émerger plusieurs mois après la fin du programme. Les auteurs soulignent également que les participants au programme interculturel étaient, en moyenne, un peu plus vieux et avaient plus d’expérience préalable de l’enseignement que les participants au programme général, en majorité des débutants.

Répercussions sur les politiques et travaux de recherche complémentaires

Le rapport encourage les collègues des autres établissements à envisager reprendre la recherche avec leurs propres programmes et souligne que les études à venir devraient examiner de tels programmes dans la perspective de modifications à long terme des comportements des enseignants.

Selon le rapport, les universités devraient investir dans la formation interculturelle de pointe pour leurs AE étrangers. « Compte tenu du grand nombre d’étudiants étrangers des cycles supérieurs qui enseignent au premier cycle, nous croyons qu’il est essentiel qu’ils reçoivent une formation en enseignement, et pour les étudiants auxquels ils enseigneront, et pour leur propre succès universitaire… Les compétences que ces étudiants acquièrent sont nécessaires dans une société planétaire – compétences qui seraient également précieuses pour les étudiants canadiens des cycles supérieurs » disent les auteurs. « Si le niveau de ressources le permet, les universités peuvent envisager élaborer un programme de perfectionnement à l’intention des étudiants des cycles supérieurs, amélioré par des composantes en communication interculturelle pour tous les assistants d’enseignement. »

Les auteurs de Combler les lacunes : Incidence du programme « Teaching in the Canadian Classroom » sur l’efficacité en enseignement des adjoints d’enseignement internationaux sont Debra L. Dawson, Nanda Dimitrov, Ken N. Meadows et Karyn Olsen, de l’Université Western.​