Formation de préposé·e aux services de soutien à la personne en Ontario : Tendances, défis et stratégies pour répondre à la demande du marché du travail a été rédigé par Miha Isik, Jinisha Patel et Ryan Tishcoff, Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES).
Les programmes postsecondaires de SSP sont un élément clé pour répondre à la demande future du marché du travail, mais leur effet pourrait être renforcé par l’investissement et la collaboration.
Les préposé·es aux services de soutien à la personne sont des professionnels de la santé qui aident les personnes âgées, les personnes handicapées et d’autres populations vulnérables dans les maisons de soins de longue durée (SLD), les hôpitaux et d’autres établissements de soins de santé. Selon les estimations, d’ici 2032, l’Ontario aura besoin d’au moins 50 000 PSSP supplémentaires pour répondre aux besoins croissants d’une population vieillissante. Cette évolution intervient alors que la profession évolue vers des tâches traditionnellement dévolues au personnel infirmier autorisé et au personnel infirmier auxiliaire autorisé. Alors que les ministères du gouvernement de l’Ontario, les employeurs du secteur de la santé et les prestataires de formation s’efforcent de répondre à la demande croissante pour cette profession, le COQES a examiné le rôle joué par les programmes de certificat de SSP par les collèges subventionnés par l’État et les établissements autochtones de l’Ontario. Ce rapport met en évidence des programmes de SSP qui fonctionnent efficacement, mais dont l’impact pourrait être renforcé grâce à des investissements stratégiques et à la collaboration des parties prenantes.
Les programmes de formation professionnelle sont proposés par quatre prestataires de services éducatifs : les collèges subventionnés par l’État, les établissements autochtones, les collèges privés d’enseignement professionnel (CPEP) et les conseils scolaires publics. En se concentrant sur les collèges publics et les établissements autochtones de l’Ontario, le COQES a examiné comment les tendances en matière de demandes, d’inscriptions et d’obtention de diplômes ont évolué au fil du temps et les défis qui façonnent l’offre de programmes de formation professionnelle, y compris la façon dont le gouvernement et les établissements peuvent les relever. Le COQES a analysé les données relatives aux demandes d’admission au programme de formation professionnelle du Service d’admission des collèges de l’Ontario (OCAS), ainsi que les données relatives à l’inscription et à l’obtention du diplôme tirées du ministère des Collèges et Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité. Les entretiens avec 17 membres du personnel (doyen·nes, doyen·nes associé·es, directeur·rices, gestionnaires de programmes, enseignant·es) représentant des collèges publics, des établissements autochtones et des CPEP ont porté sur la structure des programmes, les principaux défis, les changements récents et prévus en matière de prestation, l’utilisation des ressources et les possibilités de collaboration dans le domaine de la formation des SSP.
Le gouvernement provincial a mis en place plusieurs programmes d’incitation visant à stimuler l’inscription et le maintien dans le programme de PSSP. La participation a augmenté ces dernières années et les incitations financières ont suscité l’intérêt des candidat·es plus âgé·es et des professionnel·les de la santé en activité. Le nombre d’étudiant·es internationaux inscrit·es dans les programmes de formation de SSP considérablement augmenté, car les diplômé·es pouvaient prétendre à un permis de travail postdiplôme. Certaines personnes interrogées ont indiqué que de nombreux étudiant·es internationaux considèrent les programmes de SSP comme un tremplin vers la résidence permanente, ou comme un point d’entrée vers d’autres professions de santé réglementées, un accès à la main-d’œuvre à court terme ou une recertification pour le personnel infirmier autorisé formé à l’étranger. Ces qualifications sont également classées comme des domaines prioritaires pour l’immigration et l’alignement du marché du travail.
Les personnes interrogées ont indiqué que les programmes de SSP sont confrontés à des limitations persistantes en termes de personnel, ce qui peut avoir un effet négatif sur les expériences d’apprentissage des étudiant·es et sur leur préparation à la carrière. Pourtant, les personnes interrogées ont indiqué que les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée et d’autres établissements disposent d’un nombre limité de places et que les programmes de SSP doivent souvent entrer en concurrence les uns avec les autres pour garantir l’accès de leurs étudiant·es. Les établissements d’enseignement supérieur ont donné la priorité à des stratégies innovantes visant à assurer la transition des étudiant·es vers un travail en tant que PSSP après l’obtention de leur diplôme. Par exemple, les possibilités de stage étant limitées, certains établissements se sont appuyés sur des laboratoires de simulation pour s’assurer que les étudiant·es acquièrent des compétences essentielles comme PSSP. En remédiant aux ressources limitées en personnel et au manque de stages cliniques, les établissements pourraient développer davantage leurs programmes et former plus de PSSP sans compromettre la qualité de l’enseignement.
Pour répondre à la demande de PSSP, il faudra également relier les stratégies d’éducation à des objectifs plus larges de durabilité de la main-d’œuvre, notamment l’amélioration de l’équité et de la protection des travailleur·ses. Le gouvernement peut soutenir ces efforts en continuant à investir dans les mesures d’incitation et les coûts de fonctionnement des programmes. Les établissements peuvent partager leurs bonnes pratiques et privilégier les relations avec les établissements de santé locaux dont les étudiant·es dépendent pour les possibilités d’apprentissage par l’expérience.
