L’Ontario a donné la priorité aux investissements dans l’enseignement postsecondaire (EPS) afin de renforcer sa main-d’œuvre, en particulier au moyen d’un financement qui vise à augmenter les inscriptions en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) et en santé, et en orientant les permis d’études des étudiants étrangers vers des programmes de STIM hautement prioritaires (gouvernement de l’Ontario, 2022; ministère des Collèges et Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité de l’Ontario [MCUERS], 2024, 2025a, 2025b; ministère des Finances, 2021, 2023; cabinet du premier ministre, 2022). Les investissements gouvernementaux ont contribué à une augmentation régulière du nombre de candidats et de diplômés en STIM au cours des dernières années (MCUERS, 2025b; Statistique Canada, 2024c). Toutefois, la question se pose de savoir si ces diplômés restent dans la province pour contribuer à son économie et y combler les lacunes du marché du travail (Gray, 1999; Hemmadi, 2025; Zhao et coll., 2000).
Les recherches montrent que la plupart des diplômés du postsecondaire qui étudient au Canada restent dans la province où ils ont étudié, surtout s’il s’agit de leur province d’origine (Brunet et coll., 2025; Choi et coll., 2021; Frenette et Handler, 2024; Narh et Buzzelli, 2022; Statistique Canada, 2025a). Le petit nombre qui déménage dans une autre province après avoir obtenu son diplôme le fait généralement pour de meilleures perspectives d’emploi et de meilleurs revenus (Usher et coll., 2014). Les départs vers d’autres provinces ne sont pas uniformes pour tous les diplômés. Les études indiquent que les diplômés en STIM sont généralement plus mobiles à l’intérieur du Canada que les diplômés en santé, arts, commerce, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES), tout comme les diplômés universitaires, les diplômés internationaux et les diplômés possédant des titres de compétences avancés (Brunet et coll., 2025; Choi et coll., 2021; Statistique Canada, 2025a) . La mobilité est également déterminée par les caractéristiques personnelles du diplômé. Les jeunes diplômés de sexe masculin et originaires de l’extérieur de leur province d’études sont moins susceptibles de demeurer dans la province où ils ont étudié après avoir terminé leur programme (Brunet et coll., 2025; Choi et coll., 2021; Sangmen, 2024; Statistique Canada, 2025a).
Parmi les diplômés de l’Ontario, les tendances en matière de rétention reflètent largement les tendances interprovinciales canadiennes décrites ci-dessus, mais les données de base sont plus limitées, les études sont moins nombreuses et l’éventail des caractéristiques personnelles et des programmes examinés est plus restreint (Choi et coll., 2021; Statistique Canada, 2025a). Si l’on se concentre sur les diplômés en STIM de l’Ontario, la recherche montre qu’ils déménagent dans une autre province après l’obtention de leur diplôme en plus grande proportion que les diplômés en SACHES (Choi et coll., 2021; Statistique Canada, 2025a ). Un rapport récent de Statistique Canada portant sur les diplômés du baccalauréat montre qu’un plus grand nombre de diplômés canadiens en SACHES reste en Ontario que leurs homologues en STIM, mais que cette différence se réduit au fil du temps (Statistique Canada, 2025a). En 2012, 93 % des titulaires d’un baccalauréat en SACHES étaient restés dans la province un an après l’obtention de leur diplôme, comparativement à 89 % des titulaires d’un baccalauréat en STIM. En 2021, le taux de rétention était passé à 92 % pour les diplômés en STIM et s’était maintenu à 93 % pour les diplômés en SACHES. Dans l’ensemble, l’Ontario conserve la grande majorité des titulaires de baccalauréat dans les domaines d’études des STIM et des SACHES (Statistique Canada, 2025a) .
Si les études sur la mobilité interprovinciale fournissent un contexte utile, les données sur la rétention provinciale des finissants de l’Ontario, en particulier ceux dont l’attestation n’est pas un diplôme, sont limitées. La présente étude utilise des données administratives couplées pour examiner où habitent au Canada, deux ans après l’obtention de leur diplôme, les diplômés canadiens et internationaux de l’enseignement postsecondaire de l’Ontario qui ont obtenu leur premier certificat, diplôme, diplôme avancé ou baccalauréat entre 2015 et 2020. Les résultats fournissent des éléments d’information pour les stratégies provinciales de rétention.
