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Réinventer Terry Gitersos : Envisager un retour à l’école?

Blogueur invité : Terry Gitersos

Blogueur invité : Terry Gitersos

Maintenant que j’en suis à mon sixième mois de chômage postdoctoral, je puis bel et bien affirmer que les employeurs ne souscrivent pas à l’ensemble de mon autopromotion. Tel est le cœur du problème avec lequel je me débats maintenant depuis deux mois : comment puis je me réinventer de façon à ce qu’un employeur veuille de mes services?

 

Il y a certaines choses que je ne peux changer. Impossible pour moi de cacher mes études doctorales. De plus, si les employeurs hésitent à embaucher des candidats bardés de grades universitaires pour pourvoir des postes qui ne nécessitent que peu d’études, je n’y peux pas grand chose. Quelques personnes bien intentionnées m’ont proposé de faire complètement abstraction de mes études doctorales dans mon curriculum vitæ, mais il s’agit là d’une bien mauvaise idée. D’une part, comment pourrais je justifier, au cours d’une entrevue, une interruption de quatre ans dans mon curriculum vitæ? D’autre part, si un employeur décidait de faire dans Google une recherche avec mon nom, il obtiendrait comme troisième résultat un hyperlien vers ma dissertation. N’importe quel service des RH digne de ce nom découvrirait aisément le pot aux roses, ce qui aurait pour effet de discréditer ma demande.

 

S’agissant de mon manque d’expérience, je ne suis pas certain d’y pouvoir grand chose non plus. L’expérience qui compte le plus aux yeux des employeurs est celle qui se rapporte à l’emploi ou au secteur. Par conséquent, à moins qu’un chercheur d’emploi n’ait la chance de trouver une offre de bénévolat ou un emploi à temps partiel qui concorde bien avec ses aspirations professionnelles, j’ai le sentiment que les comités d’embauche resteront indifférents.

 

Pour le moment, je suis très facilement en mesure de remédier à mes carences sur le plan des aptitudes et des titres de compétence, tâche à laquelle je viens tout juste de m’atteler avec hésitation. J’ai d’abord peaufiné mes aptitudes à utiliser Excel, et si j’en juge par la composition du groupe dont je faisais partie, c’est ce que chacun fait en situation de chômage. J’ai ensuite suivi quelques séminaires d’introduction à SPSS (un programme informatique d’analyse statistique) à l’Université de Toronto, de sorte que je peux affirmer sans broncher dans mon curriculum vitæ que j’ai une certaine connaissance de l’analyse statistique et de la recherche quantitative, des aptitudes que j’avais sottement négligé de perfectionner au cours de mes études doctorales. Pour des raisons semblables, j’ai caressé l’idée de m’inscrire à d’autres séminaires en conception d’enquêtes et en statistique, lesquels constitueraient ma première formation mathématique rigoureuse depuis mes études secondaires. J’en ai la chair de poule!

 

Je me suis même mis à songer très, très provisoirement à un retour aux études pour obtenir encore un autre ensemble de titres de compétence. Ce processus s’appelle en bon français « recyclage ». Mais ne vous en faites pas! Je ne compte pas faire d’autres études doctorales ou quoi que ce soit qui s’y apparente. Un bon nombre d’universités et de collèges proposent une pléthore de certificats d’études supérieures conçus pour des gens comme moi qui travaillent en vue d’un changement de carrière. Ces programmes sont axés précisément sur la préparation des étudiants au marché du travail, si bien qu’il semble le moyen le plus simple de combler mes carences au chapitre des aptitudes. J’ai également songé à m’investir dans de plus longues entreprises, comme des études dans un collège pour enseignants et, dans mes moments les plus fous, un « exil » encore plus fastidieux et coûteux, comme la faculté de droit.

 

Qu’est-ce qui m’en empêche? D’abord, en guise de détail, j’en ai carrément ma claque d’être étudiant. Ensuite, les droits de scolarité posent problème. Je sais bien que les coûts liés à un certificat d’études supérieures de six mois sont dérisoires comparativement à ce que j’ai déjà déboursé pour faire mes études. Mais allez-vous me reprocher d’avoir une certaine appréhension à l’idée d’investir encore davantage dans mes études, peu importe si la somme en question est minime? Tout compte fait, l’obtention d’un diplôme n’est pas une garantie absolue d’emploi, ce que je sais trop bien. En outre, au point où j’en suis actuellement dans ma vie, le choix d’un programme d’études correspondra au choix d’une carrière. Bien que j’aie ciblé certains secteurs dans ma recherche d’emploi, j’ai aussi parallèlement présenté d’autres demandes d’emploi. Or, si je me consacre à un programme intensif axé sur la carrière, je devrai alors m’interdire ces autres options, et je ne suis pas certain de me sentir prêt à procéder ainsi.

 

Récapitulons : en ce moment, j’éprouve encore une certaine lassitude face aux études et je préférerais gagner de l’argent plutôt que d’en dépenser, mais je n’ai pas la moindre idée de ce que je veux faire de ma vie. À me lire, on pourrait croire que j’en suis au même point qu’il y a un mois ou deux. C’est presque vrai, mais pas tout à fait. Tout bien considéré, j’estime avoir franchi une importante étape parce que j’ai envisagé un retour aux études pour fins de recyclage, j’en ai parlé à d’autres, et j’en ai fait l’objet du présent article. Maintenant, j’aimerais bien savoir vers quoi au juste cette étape me mènera…

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