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Sonya Tomas | Retour sur la conférence : Popcorn et autres faits saillants

Quelques semaines après la conférence « De l’apprentissage aux gains », ici, au COQES, nous nous repassons encore les discussions animées qui ont eu lieu pendant et après les séances (plus particulièrement pendant les pauses autour de la machine à popcorn). À vous qui n’avez pas pu vous joindre à nous, je vous transmets quelques faits saillants, de mon point de vue d’analyste de recherche, de nouvelle organisatrice de conférence et d’éternelle étudiante.
Que ce fût lors d’une discussion de spécialistes ou de discussions impromptues, vous aurez certainement entendu dans divers contextes pendant la conférence l’expression « axé sur l’étudiant ». Mais de quoi s’agit-il? Depuis longtemps, les collèges, beaucoup plus que les universités, ont reconnu la valeur de la préparation à l’emploi et l’ont intégré à leur mandat envers les étudiants. Cependant, un changement de culture s’est amorcé dans plus en plus d’universités alors que l’acquisition de compétences applicables au marché de l’emploi par les étudiants gagne en popularité. Au cours d’une des discussions, les couteaux ont « amicalement » volé bas, sans que rien n’éclate (à part le popcorn), relativement à la question de savoir si les universités devraient endosser ce rôle, au risque de détourner l’attention de sur l’apprentissage.
L’hypothèse que l’apprentissage et les résultats d’emploi sont incompatibles a été remise en question par des programmes comme le Mitacs, qui offre des stages à des chercheurs aux études supérieures, et la Digital Media Zone de Ryerson, qui aide les jeunes entrepreneurs à démarrer et à élargir leur entreprise. Il ne faut toutefois pas perdre de vue le développement de la pensée critique ainsi que l’acquisition d’aptitudes en communication et de connaissances générales; pour moi qui suis fille de parents immigrants travailleurs résidents permanents devenus Canadiens, les études ont toujours compris l’apprentissage et les gains éventuels.
Le principal motif qui selon les étudiants les incite à poursuivre des études supérieures est d’améliorer leurs gains d’emploi. Il n’est pas surprenant que pendant les ralentissements économiques, la poursuite des études supérieures représente l’espoir de se sortir du marasme économique. Un des groupes de chercheurs ayant participé à la conférence était sceptique quant au scepticisme manifesté à l’égard du rendement de l’investissement dans les diplômes non professionnels. Il s’avère (attention, pour ceux qui comptent passer en revue les diapos de présentation, la suite dévoile une primeur), les diplômés universitaires en ingénierie, en sciences et en technologies gagnent en fait plus par rapport aux diplômés d’autres disciplines après avoir obtenu leur diplôme, mais leur avantage s’estompe à la longue, et ce, plus particulièrement chez les femmes (sujet potentiel d’un prochain blog?). Dans les faits, à mesure que les travailleurs acquièrent de l’expérience, l’incidence du choix de la discipline d’études sur les gains décroît.
Nous avons appris que la variation du taux de chômage d’une discipline à l’autre est considérée négligeable (bien que les personnes en recherche d’emploi la trouvent pour leur part tout à fait conséquente). Par ailleurs, malgré que l’on espère sans cesse une hausse du nombre d’étudiants dans les domaines des mathématiques, de la physique, des sciences appliquées et du génie (que l’on surnomme souvent STEM), non seulement les étudiants n’y réagissent pas, mais contrairement à la théorie de l’offre et de la demande, les salaires dans ces domaines restent stables.
Comment chacun parvient à tirer son épingle du jeu lorsqu’augmente le nombre de candidats ayant les mêmes qualifications? D’après les conférenciers, il s’agit là d’un enjeu complexe nécessitant des efforts concertés, ce qui passe notamment par l’amélioration du système de transfert des crédits, le mentorat par les pairs offrant du soutien tant dans les études que dans la carrière, les programmes de perfectionnement professionnel à l’intention des diplômés des cycles supérieurs et un nombre accru de possibilités d’apprentissage intégré au travail dans toutes les disciplines. À titre de diplômée de premier cycle, j’ai pu participer à des activités d’apprentissage intégré au travail avant même que le terme ne fasse partie de mon vocabulaire.  Il s’agit d’activités combinant l’apprentissage en classe à une expérience « dans la vraie vie », grâce par exemple à des programmes d’études coopératifs, à des stages et à des projets de recherche appliquée. Pour ma part, peu de personnes m’ont offert un héritage aussi important que le Dr David Goldstein et le Dr Lynn Hasher, de l’Université de Toronto, qui m’ont offert à moi, votre humble étudiante en psychologie, la possibilité de mettre sur pied des projets qui ont non seulement enrichi mon apprentissage, mais aussi renfloué mon budget mensuel.
Nous remercions les quelque 300 personnes qui ont bravé les contrecoups de la super tempête Sandy pour assister à cette conférence. J’espère que les cartes professionnelles échangées avec enthousiasme dans la machine à popcorn serviront à poursuivre les discussions.
-Sonya Tomas, analyste de recherche, COQES

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