Par Laura Gallant
Les études à temps partiel deviennent de plus en plus populaires dans les collèges de l’Ontario, en partie parce qu’elles offrent des options de formation souples aux personnes qui souhaitent améliorer leurs compétences, se recycler ou poursuivre des études postsecondaires pour la première fois. En 2022-2023, les collèges de l’Ontario comptaient la plus forte proportion d’étudiants à temps partiel (31 %), comparativement aux collèges canadiens (26 %) et aux universités de l’Ontario (14 %) et de l’ensemble du Canada (20 %). En plus d’offrir une charge de cours réduite, les études collégiales à temps partiel offrent souvent plus d’options quant à la manière et au moment où les étudiants·apprennent. Par exemple, certains programmes sont à rythme libre, en ligne ou proposés le soir et la fin de semaine. De nombreux apprenants à temps partiel sont des adultes qui doivent concilier travail et responsabilités familiales. Cette souplesse est donc essentielle. Des entretiens avec des représentants d’établissements d’enseignement supérieur de l’Ontario ont révélé que les études à temps partiel étaient d’abord centrées sur l’accès, sans quoi de nombreux apprenants ne pourraient pas poursuivre leurs études postsecondaires. Les études à temps partiel offrent un accès plus facile à l’enseignement postsecondaire ou permettent d’y retourner plus facilement, et de plus en plus d’Ontariennes et d’Ontariens optent pour cette solution. Les données récentes sur les demandes d’admission au collège du Service d’admission des collèges de l’Ontario (OCAS) montrent que le nombre de demandes d’admission aux études à temps partiel continue d’augmenter.
De nombreuses Ontariennes et de nombreux Ontariens choisissent les études collégiales à temps partiel en raison de leur souplesse et de leur accessibilité.
Ce que nous révèlent les données les plus récentes sur les demandes
Entre 2019 et 2024, le nombre de demandes d’admission aux études à temps partiel a considérablement augmenté. En 2024, 15 % des demandes d’admission au collège soumises par l’intermédiaire de l’OCAS concernaient des études à temps partiel, contre 5 % en 2019 (voir le graphique ci-dessous).
Pourcentage des demandes d’admission dans les programmes à temps partiel des collèges de l’Ontario

Les candidats aux études à temps partiel choisissent des programmes qui correspondent aux professions en demande. Les programmes de sciences infirmières, d’éducation et de services sociaux ont été parmi les choix les plus populaires parmi les candidats aux études à temps partiel entre 2019 et 2024. L’Ontario connaît une importante pénurie d’infirmières et d’infirmiers, de personnel éducatif (comme des éducatrices et des éducateurs de la petite enfance) et de personnel des services sociaux. Les diplômés de ces programmes à temps partiel peuvent pallier ces pénuries et contribuer à la santé et au bien-être de la population de l’Ontario.
Les demandes d’admission aux études à temps partiel sont en augmentation, et les candidats choisissent des programmes qui correspondent aux professions en demande.
La majorité des candidats aux études à temps partiel étaient des femmes et n’avaient pas présenté leur demande d’admission au collège directement après le secondaire. La plupart des candidats aux études à temps partiel étaient âgés de 30 ans ou plus (voir le graphique ci-dessous).
Comment les candidats aux études à temps partiel se comparent-ils à l’ensemble des candidats?

Un rapport récent du COQES a révélé que la plupart des étudiants à temps partiel dans les collèges étaient des étudiants du Canada parce que les étudiants étrangers doivent généralement être inscrits à temps plein pour satisfaire aux règles relatives aux permis de travail pendant les études et après l’obtention du diplôme. Un autre rapport récent du COQES révèle que les inscriptions dans les établissements d’enseignement postsecondaire en Ontario devraient augmenter de 45 % au cours des 24 prochaines années. Compte tenu de l’intérêt croissant pour les études à temps partiel et de l’augmentation de la population nationale, les établissements d’enseignement postsecondaire et le gouvernement devraient chercher des moyens d’améliorer le soutien aux programmes à temps partiel.
Les collèges connaissent des difficultés financières en raison des restrictions imposées aux permis d’études internationaux, ce qui aggrave le problème existant du sous-financement des inscriptions aux études à temps partiel. Un modèle de financement amélioré permettrait aux collèges d’offrir les programmes que les étudiants à temps partiel souhaitent suivre. Il y aurait une plus grande diversité d’options d’inscription dans toute la province. Et les collèges seraient bien placés pour offrir davantage de soutien et de services aux étudiants à temps partiel.
De plus en plus de personnes de l’Ontario auront besoin de programmes à temps partiel pour faire progresser leur carrière et améliorer leurs revenus, alors que le coût de la vie continue d’augmenter. De nombreux secteurs industriels de l’Ontario sont menacés par les droits de douane américains récemment imposés ou proposés, notamment la construction, l’énergie, la fabrication, l’acier et l’aluminium, ainsi que les infrastructures municipales, et de nombreux travailleurs devront changer de carrière. Une récente étude de Statistique Canada a identifié trois régions économiques en Ontario (London, Kitchener-Waterloo-Barrie et Windsor-Sarnia) où 10 % ou plus des employés travaillent dans des secteurs qui dépendent de la demande américaine pour les exportations canadiennes. Disposer d’un vaste choix de programmes à temps partiel aiderait les apprenants à accéder à la formation dont ils ont besoin et favoriserait la réussite financière et professionnelle des diplômés à long terme.
Les options d’études à temps partiel aideront les Ontariennes et les Ontariens à se perfectionner et à se recycler en réponse à l’incertitude économique.
L’élargissement des possibilités d’études à temps partiel est conforme aux priorités actuelles du gouvernement en matière de perfectionnement professionnel visant à combler les lacunes du marché du travail. Il sera nécessaire de former davantage de diplômés universitaires pour répondre aux besoins liés aux grands projets de la province, comme la création de logements et d’infrastructures supplémentaires et la satisfaction des besoins en matière de soins de santé. Le maintien des programmes collégiaux à temps partiel est important pour la réussite économique et sociale de la province. L’Ontario devrait tirer profit de cet investissement.
Pour de plus amples renseignements sur les recherches menées par le COQES concernant l’importance de faire des inscriptions à temps partiel dans les collèges une priorité absolue, vous pouvez consulter le rapport complet ici.
